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Dossier Inde: l’autre génocide

Dossier Inde: l’autre génocide

Les régimes chinois et birmane feraient-ils école? C’est en tout cas l’avis de nombreux experts qui ont lancé, cette semaine, une mise en garde contre un probable génocide à l’encontre des Musulmans en Inde.
L’ONG Genocide Watch, qui avait prédit, en 1994, le massacre des Tutsis au Rwanda, a sonné l’alerte, en ce mois de janvier, au cours d’un briefing du Congrès aux Etats Unis. Elle estime qu’il existe des « signes et des procédures » pouvant soutenir qu’un génocide serait en préparation en Assam et dans la partie du Cachemire gérée par l’Inde.
L’expert Stanton, fondateur du groupe, a averti qu’un « génocide pourrait être perpétré en Inde. »
Selon Stanton, le génocide n’est pas un événement, mais un processus, faisant un parallèle avec les politiques de Narendra Modi et les politiques discriminatoires des dirigeants du Myanmar à l’encontre des Musulmans Rohingya en 2017.
Parmi les décisions controversées, relève-t-il, la révocation du statut autonome du Cachemire indien en 2019 privant aux Kashmiris leur autonomie de 70 ans, et le Citizenship Amendment Act, la même année, accordant la nationalité aux minorités religieuses tout en excluant les Musulmans.
Stanton, chargé de cours à l’Université George Mason en Virginie, affirme qu’il craint, pour les Musulmans, un scenario identique au Myanmar, ou les Rohingya furent, en premier temps, déclarés non-citoyens, puis expulsés par la violence et le génocide.

Eviction et démolition des maisons en Assam

Pendant que les projecteurs étaient braqués sur l’arrestation du fils de la star bollywoodienne Shah Rukh Khan, c’était la désolation pour les habitants de l’agglomération de Dhalpur, en Assam.
Plus d’un millier de familles sont entassées dans un camp, près de Dhalpur, en Assam, dans le district de Darang, après avoir été expulsées par le gouvernement en octobre dernier. Ils ont été forces de partir pour faire de la place à un projet agricole sur un terrain de 25,600 hectares sur lequel ils ont vécu depuis plus de 40 ans. Apres une notice servie à minuit le 18 septembre, le 20 au matin, les maisons furent détruites, quelques-unes incendiées. Les familles ainsi ciblées furent évacuées vers un terrain sans aide médical, sans eau et autres nécessités.
La brutalité de l’éviction pousse d’aucuns à croire que l’intention n’était pas seulement pour nettoyer les terrains.
En 2019, le recensement national des citoyens exigeait des résidents d’Assam de prouver leur nationalité indienne. Les documents exigés excluaient de nombreuses familles et près de 1,9 millions de personnes se voyaient exclues de la liste publiée en aout 2019.
Selon des observateurs, le gouvernement ciblait les Musulmans d’origine du Bengale qui, avec 12 millions, faisait la majorité des Musulmans d’Assam, sur 32 millions.
La purification ethnique serait-elle la motivation du BJP ?
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Des nationalistes hindous appellent au massacre
Des vidéos montrant des nationalistes hindous faisant appel au massacre des Musulmans, devenus virales sur le Net, ont poussé le Cous Supreme a ordonner une enquête sur les discours de haine dans l’état de Uttarakhand.
Dans un article d’opinion publie sur Al Jazeerah, l’activiste et académicien Apoorvanand affirme que sous le leadership du BJP, l’Inde est devenue l’un des pays les plus dangereux pour les Musulmans et les Chrétiens. « Des lois sont adoptées pour criminaliser leurs pratiques religieuses, les habitudes alimentaires te leur commerce. »
Les Musulmans sont 14% de la population indienne de 1,4 milliard, 80% d’hindous.
Depuis son arrivée au pouvoir, en 2014, le BJP a été accusé de persécution des Musulmans et d’autres minorités perpétrée des nationalistes hindous.
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Arundhati Roy: c’est un génocide
L’activiste et romancier indien Arundhati Roy estime que le traitement infligé aux Musulmans en pleine pandémie équivaut à un génocide. Roy estime que le gouvernement indien exploite la Covid pour attiser la suppression des Musulmans. Elle fait une comparaison entre la stratégie du gouvernement avec celle des Nazis lors de l’holocauste.
Dans une déclaration al presse, Arudhati Roy que, « nous en souffrons pas que de la Covid, mais d’une crise de haine et une crise de la faim.
Selon elle, la haine envers les Musulmans fait suite au massacre de Delhi alors que des gens protestaient contre la loi antimusulmane de la nationalité. Elle ajoute : “the whole of the organization, the RSS, a Hindu nationalist group, to which Modi belongs, which is the mothership of BJP, has long said that India should be a Hindu nation. Its ideologues have likened the Muslims of India to the Jews of Germany. And if you look at the way they are using Covid, it was very much like typhus was used against the Jews to ghettoize them , to stigmatize them.
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L’OIC condamne la montée de l’islamophobie en Inde.
L’Organisation de coopération islamique (OIC), le gouvernement du Koweït, une princesse des Emirats Arabes Unis, ainsi que de nombreux activistes arabes ont dénoncé les discours de haine, qui relèvent de l’islamophobie, en Inde. L’Inde, estiment-ils, abuserait du coronavirus pour attiser la haine envers les Musulmans, qu’elle accuse d’être les responsables de sa transmission.
Tout avait commencé avec les extrémistes hindous accusant les Musulmans de complot pour répandre le virus après que des douzaines de cas avaient été liés au rassemblement du Tabligh Jamaat à New Delhi en mars 2020.
Face à l’islamophobie grandissante, de nombreux activistes ont fait appel aux organisations internationales, notamment l’ONU, le conseil de sécurité, l’organisation de la coopération islamique et les organisations des droits humains pour une intervention rapide pour mettre un terme aux violations commises à l’encontre des Musulmans.

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