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Palestine : les enfants martyrs

Torturer les enfants pour saper le moral de leurs parents, telle serait la stratégie adoptée par l’armée israélienne pour faire pression sur les Palestineins que ce soit en territoire occupé ou Jerusalem, à Cheik Jarrah plus récemment.

Ile étaient  230 enfants palestiniens à être arrêtés par Israël depuis le début de cette année jusqu’à la fin du mois de mars dernier. C’est ce qui est ressorti d’un communiqué publié par le Club des prisonniers palestiniens (non-gouvernemental), dont une copie a été reçue par l’Agence Anadolu, à l’occasion de la Journée de l’enfant palestinien, qui coïncide avec le 5 avril de chaque année. Selon Avaaz, le nombre  d’enfants incarcérés par l’armée s’élève à 45 000.

A cette date, les Palestiniens célèbrent la Journée des enfants palestiniens, à travers l’organisation d’activités culturelles, éducatives et médiatiques en signe de soutien aux enfants de Palestine « qui sont privés de leurs droits les plus élémentaires, en raison de l’occupation israélienne », rapporte l’agence de presse officielle (Wafa).

« Les autorités d’occupation ont arrêté 230 enfants entre le début de 2021 et la fin du mois dernier », a indiqué la même source. Et d’expliquer que la plupart des arrestations ont eu lieu dans la ville occupée de Jérusalem.

Et de poursuivre : « Les enfants emprisonnés sont soumis à toutes les formes de maltraitance, y compris la privation de nourriture et d’eau pendant de longues heures. Ils font aussi face aux insultes et aux agressions dans des conditions difficiles ».

Selon l’ong internationale Avaaz, au cours des cinq dernières décennies, on estime à 45 000 le nombre d’enfants palestiniens détenus par l’armée. Depuis 2000, près de 12 000 enfants palestiniens ont été détenus par les forces israéliennes en Cisjordanie occupée, et maintenus dans le système de détention militaire israélien — nombre d’entre eux âgés d’à peine 12 ans. Des enfants de 6 ou 7 ans ont également été détenus par l’armée. Chaque année, Israël fait comparaître entre 500 et 700 enfants palestiniens devant des tribunaux militaires. Par ailleurs, ils sont des centaines à être arrêtés puis libérés sans procès. Tous les mois, 200 à 300 enfants en moyenne sont incarcérés dans le système pénitentiaire israélien.

 

 

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Régime plus sévère pour les adolescents

L’armée israélienne arrête des centaines d’adolescents palestiniens, tirés de leur lit en pleine nuit, plutôt que de les convoquer pour interrogatoire. Sur la base de ses constatations, le centre for the defense of the Individual (HaMoked) a adressé, en janvier, une requête à la Haute Cour de Justice israélienne.

Chaque année, des centaines d’adolescents de Cisjordanie sont arrêtés et tirés de chez eux en pleine nuit, et emmenés, menottés et les yeux bandés, vers des centres d’interrogatoire. L’armée israélienne utilise les arrestations nocturnes comme seule solution pour amener des mineurs à un interrogatoire, comme le montre le nouveau rapport de  HaMoked, A l’abri des ténèbres (en anglais).

Le rapport est fondé sur des déclarations sous serment, recueillies par HaMoked, auprès de 81 garçons, âgés de 14 à 17 ans, qui ont été arrêtés pendant les années 2018 et 2019. Le rapport indique que 58 des garçons (72%) ont été arrêtés et tirés de chez eux, au cours d’arrestations prévues, entre 23h et 5h du matin. La grande majorité d’entre eux n’avaient pas reçu de convocation pour interrogatoire avant leur arrestation, ce qui aurait rendu inutile l’arrestation nocturne traumatisante. Les arrestations nocturnes entraînent souvent les violations d’autres droits, parmi lesquels le menottage douloureux et un bandeau sur les yeux longuement maintenu, et parfois de graves violences physiques. Beaucoup des garçons ont été tirés de force de leur lit, arrachés de chez eux devant leurs frères et soeurs plus jeunes effrayés. Dans la plupart des cas, les soldats n’ont pas révélé la raison de l’arrestation et n’ont pas dit aux parents des garçons où ceux-ci étaient emmenés ni comment la famille pourrait être en contact avec eux.

Ces arrestations nocturnes courantes ne sont pas seulement contraires au droit international, mais elles violent aussi les propres règles de l’armée, qui spécifient qu’elles ne doivent être utilisées qu’en dernier recours.

C’est pourquoi HaMoked a adressé en janvier une requête à la Haute Cour de Justice, en demandant que l’armée respecte le droit international et le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, et remette des convocations si elle cherche à interroger les mineurs palestiniens, plutôt que de les tirer de leur lit. La requête fait écho aux recommandations du rapport, pour que selon celles-ci l’armée applique aux mineurs palestiniens les mesures de protection inscrites dans la Convention sur les Droits de l’Enfant.

 

Il convient de noter que, récemment, HaMoked a obtenu des données qui prouvent que les arrestations nocturnes sont le premier recours pour amener les adolescents palestiniens à un interrogatoire : en réponse à une requête de HaMoked dans le cadre de la Liberté d’Information, l’armée a déclaré qu’en 2019, elle a arrêté 235 mineurs palestiniens dans des opérations d’arrestations prévues (arrestations à Jérusalem-Est). Toutes ces arrestations ont été effectuées, sans exception, entre 23h et 5h du matin.

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