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Marche de la viande bovine : Le cartel sévit à nouveau

Le cartel qui sévit sur le marché de l’importation de la viande a sévi une nouvelle fois; il a décidé d’augmenter le prix de la viande de Rs 11,00 sur chaque kilo. Un profond mécontentement semble gagner les consommateurs ainsi que les bouchers. Un mouvement de protestation s’organise ces jours-ci contre cet abus apparent de sa position dominante par Socovia.

La Consumer Advocacy Platform (CAP) a saisi la Competition Commission en vue de déterminer, d’une part, si les conditions du ministère de l’Agro-Industrie relatives à l’importation du bétail ne constituent pas une barrière à l’entrée, et d’autre part, si la décision de Socovia de relever le prix de la viande bovine ne relève pas de l’abus de position dominante.

De leur coté, l’Association of Mauritian Butchers multiplie les consultations en vue d’arrêter une stratégie pour convaincre les autorités à assouplir les conditions réglementant l’importation du bétail en vue du Qurbani. Elle prévoit de rencontrer, le ministre du Commerce ainsi que celui de l’Agro-Industrie, et les organisations de consommateurs, entre autres.

Pour la CAP, les conditions imposées pour l’importation du bétail pourraient-elles constituer une barrière à l’entrée, donc anticoncurrentielle ? La Competition Act fait provision contre des pratiques anticoncurrentielles relevant du foreclosure, soit le fait de faire obstacle à l’entrée sur le marché de concurrents potentiels. Ce sont la publication, d’une part, d’un communiqué du ministère concerné, et d’autre part, la hausse du prix de la viande bovine décidée par l’importateur, qui se trouve aussi en position de monopole, qui motivent la Consumer Advocacy Platform (CAP) à déposer plainte auprès de la Commission de la concurrence.

L’Association des bouchers affirme, pour leur part, que la libéralisation de l’importation du bétail ne serait qu’une trompe l’œil. Ils se disent outrés par les conditions imposées par le ministère de l’Agro Industrie pour l’octroi de permis d’importation.

En effet, dans son communiqué, le ministère informe les intéressés que, pour obtenir le permis, il faut disposer d’un parc de quarantaine ayant la capacité d’accueillir au minimum 500 bœufs. Ils devraient aussi importer un minimum de 500 bœufs. Or, les importateurs potentiels ne disposent pas de facilités de quarantaine. Une demande faite auprès du ministère pour l’utilisation des facilités disponibles à Richelieu aurait été refusée.

De plus, certains bouchers affirment qu’il est impossible de trouver un navire pouvant transporter 500 bœufs. Ceux existants en transportent au minimum 2000 têtes de bétail. Aucun transporteur ne ferait le déplacement pour 500 têtes. Et, de par leur expérience, les bouchers affirment que le cartel ne permettra à ses concurrents d’utiliser le même transporteur qu’eux. Cet état des choses avait même été dénoncé par la Competition Commission il y a quelques années.

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