L’histoire de notre mère Aïsha (رضي الله عنها) reste l’un des épisodes les plus éprouvants de l’histoire islamique. Victime d’une calomnie injuste lors de l’épisode connu sous le nom de Hadith al-Ifk, elle fut accusée à tort, ce qui causa une immense douleur au Prophète ﷺ et à l’ensemble de la communauté. Cet événement mit en lumière la gravité des paroles non vérifiées, de la médisance et des jugements hâtifs.
C’est dans ce contexte qu’Allah , dans Sa sagesse infinie, révéla des versets pour innocenter Aïsha (ra) et poser un principe fondamental de justice morale. Allah dit dans la Sourate An-Nour :
« Les mauvaises femmes sont pour les mauvais hommes, et les mauvais hommes sont pour les mauvaises femmes. Les bonnes femmes sont pour les bons hommes, et les bons hommes sont pour les bonnes femmes. Ceux-là sont innocents de ce que disent les autres. Ils auront un pardon et une subsistance généreuse. »
(Sourate 24, verset 26)
Ce verset établit une règle spirituelle et éthique : la pureté morale attire la pureté, tandis que la corruption morale ne peut produire que son semblable. Le savant Youssef Al-Qaradawi, dans son tafsir, explique que ce verset ne doit pas être compris comme une règle sociale mécanique, mais comme une loi morale générale. Il rappelle que les prophètes eux-mêmes ont parfois été confrontés à l’injustice, mais que la vérité finit toujours par triompher.
Selon Qaradawi, ce verset est aussi un avertissement contre la propagation des rumeurs et un appel à purifier nos langues et nos cœurs. Accuser sans preuve, relayer des soupçons ou salir l’honneur d’autrui est un péché grave qui détruit les individus et la société.
En tant que musulmans, nous sommes appelés à défendre la vérité, à présumer le bien et à nous rappeler que Dieu est Juste. L’honneur d’un croyant est sacré, et la parole peut être soit une lumière… soit une cause de destruction.




