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Pegasus: une menace pour les activistes

Pegasus: une menace pour les activistes

La révélation, cette semaine, de l’utilisation par des états autoritaires d’un logiciel espion pour suivre les faits et gestes de plus de 50 000 utilisateurs de téléphone, ciblant en particulier des chefs d’état, et non des moindres, des centaines de journalistes et des activistes et militants des droits de l’homme, devraient interpeller  ceux engagés pour avancer la cause d’Allah, soit le mouvement islamique global.

Selon une grande enquête menée par 17 médias dans 10 pays en collaboration avec Amnistie internationale et l’organisation française Forbidden Stories, tout ce beau monde apparaît sur une liste de 50 000 cibles potentielles de Pegasus, un logiciel de cyber espionnage ultrasophistiqué développé par une entreprise israélienne, le groupe NSO et vendu uniquement à des gouvernements.

La surveillance ciblait aussi des journalistes de groupes de presses  à travers le monde, dont l’Agence France-Presse, le Wall Street Journal, CNN, le New York Times, Al Jazeera, France 24, Radio Free Europe, Mediapart, El País,  Associated Press, Le Monde, Bloomberg, l’ Economist, Reuters et Voice of America.

Égrainés jour après jour en une des médias du monde entier, les résultats de l’enquête sur Pegasus font scandale et remettent sérieusement en cause les prétentions du fabricant, qui affirme que son logiciel, destiné à la police et aux services de renseignement, ne sert qu’à traquer les criminels et les terroristes.

Il faut savoir, que le Citizen Lab, un laboratoire interdisciplinaire établi à l’Université de Toronto, enquête sur Pegasus depuis 2016 et s’inquiète de ses implications pour les droits de la personne autour du monde, preuves de dérapages à l’appui.

Selon cette même organisation, lorsqu’il infecte un téléphone intelligent, Pegasus peut en télécharger toutes les données, les contacts téléphoniques, localiser le propriétaire, utiliser la caméra et écouter les conversations de l’utilisateur à son insu. C’est l’équivalent d’avoir un espion assis dans son téléphone intelligent. Pas rassurant du tout.

C’est grâce à leur travail qu’Omar Abdulaziz, dissident saoudien établi à Montréal, a eu la confirmation que son téléphone était infecté par Pegasus. Après l’assassinat de son ami Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul en octobre 2018, M. Abdulaziz a entamé une poursuite contre le groupe NSO, affirmant que sa technologie avait contribué au terrible meurtre prémédité du commentateur et dissident saoudien. Les procédures sont toujours en cours devant la justice israélienne.

En ajoutant les révélations médiatiques de la semaine, il semble aujourd’hui évident qu’entre les mains de clients comme l’Arabie saoudite, la Hongrie, l’Inde et le Maroc, pour ne nommer que ceux-là, le logiciel est un outil redoutable pour espionner et contrôler les opposants potentiels et les journalistes trop curieux.

En attendant d’obtenir des réponses, de nombreux pays exigent un moratoire immédiat sur la vente des Pegasus de ce monde. Cette semaine, Edward Snowden, le lanceur d’alerte qui a révélé au monde le système de surveillance de masse des États-Unis, a demandé un tel moratoire international avec insistance.

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Quelle devait être la position de l’Oummah?

Bien que le mouvement islamique  ne s’est encore prononcé sur la question, à l’heure où nous rédigions ce texte, il est impératif que les activistes adoptent une position commune et prennent la mesure de la menace que présente Pegasus à leur action.

Le fait que l’Arabie Saoudite soit parmi les clients de NSO, compagnie très proche du gouvernement israélien, il n’est pas impossible que ce logiciel  ait été utilisé dans le planification de l’assassinat journaliste saoudien Jamal Khashoggi par les autorités saoudiennes. Il n’est pas exclu non plus que des savants musulmans se trouvant dans les prisons saoudiennes aient fait l’objet de surveillance.

La possible surveillance du Hamas a aussi été évoquée.

Quoi qu’il en soit, il convient au mouvement islamique de dégager une stratégie face au cyber espionnage. Toutefois, la confiance totale en et la dépendance exclusive d’Allah devaient être les mots d’ordre des activistes. La conviction dans les paroles d’Allah quand Il affirme: Ils font leur plan, Allah fait Son plan. Allah est le meilleur des stratèges; réconfortera certes les militants de la Cause d’Allah.

 

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